L'assurance d'une voiture électrique est-elle plus chère qu'une thermique en 2026 ?
Oui, mais l'écart est plus faible qu'on ne le croit — et il ne vient pas de la voiture. En 2026, une voiture électrique s'assure en moyenne 784 à 818 € par an, contre 753 € pour une essence et 735 € pour un diesel, soit 80 à 90 € de plus par an (environ +10 à 12 %). C'est un renversement complet : en 2023, l'électrique coûtait environ 80 € de *moins* à assurer. La cause principale n'est ni la batterie ni le poids : c'est la fin de l'exonération de TSCA, la taxe d'État sur les contrats d'assurance.
- Écart réel électrique/thermique 2026 : 80 à 90 €/an, soit +10 à 12 %.
- Cause n°1 : la fiscalité, pas la technologie. La TSCA est de 33 % sur la garantie responsabilité civile et 18 % sur les autres garanties (source : BOFiP, BOI-TCAS-ASSUR-30-10-30). Les électriques en étaient exonérées ; elles ne le sont plus.
- Cause n°2 : le coût des réparations, supérieur de 11 % en moyenne et de 28 % sur le bris de glace (source : France Assureurs, 2025).
- Le piège de 2026 : les électriques immatriculées en 2024 bénéficient encore d'une exonération de 75 % pendant 24 mois — qui s'éteint courant 2026. La hausse n'a pas encore frappé ces contrats.
- Le vrai levier : l'écart entre deux assureurs pour la même électrique dépasse couramment 300 à 400 €/an, soit 4 fois l'écart de motorisation. Changer d'assureur pèse bien plus lourd que changer de moteur.
Autrement dit : l'électrique est devenue plus chère à assurer en moyenne, mais cette moyenne ne dit rien de *votre* tarif. La marche fiscale est identique chez tous les assureurs — le reste, lui, se compare.
Pourquoi l'électrique est-il passé de moins cher à plus cher ?
Entre 2021 et 2023, l'État a voulu accélérer l'électrification du parc automobile en rendant les voitures électriques totalement exonérées de TSCA. Un contrat d'assurance électrique ne supportait alors aucune taxe, là où un contrat thermique en supportait entre 18 % et 33 % selon les garanties. Cet avantage fiscal, invisible pour l'assuré, expliquait à lui seul l'essentiel du fameux « l'électrique coûte moins cher à assurer ».
Le calendrier officiel (source : BOFiP, BOI-TCAS-ASSUR-30-10-30) est le suivant :
- Véhicules immatriculés de 2021 à 2023 : exonération totale (100 %) de TSCA.
- Véhicules immatriculés en 2024 : exonération réduite à 75 %, et limitée à 24 mois à compter de la prise d'effet de la garantie.
- Véhicules immatriculés à partir du 1er janvier 2025 : plus aucune exonération. Fiscalité de droit commun, identique à un thermique.
Attention : beaucoup d'articles se trompent sur cette date, en annonçant une fin d'exonération « au 31 janvier 2024 » ou « au 1er janvier 2025 » pour tout le monde. C'est inexact. L'extinction est progressive et dépend de l'année d'immatriculation de votre véhicule, pas d'une date unique. C'est précisément ce qui rend la hausse imprévisible d'un automobiliste à l'autre.
Le prix de l'assurance électrique n'a pas augmenté parce que la voiture est devenue plus risquée. Il a augmenté parce que l'État a cessé de payer une partie de la note à votre place.
À cette marche fiscale s'ajoute un facteur technique bien réel : la sinistralité. France Assureurs relève un coût de réparation supérieur de 11 % en moyenne sur les électriques, et jusqu'à 28 % sur le bris de glace — pare-brise truffés de capteurs, carrosseries en aluminium, immobilisation plus longue faute d'ateliers agréés. S'y ajoute le risque batterie : son remplacement représente 30 à 50 % de la valeur du véhicule, ce qui pousse les assureurs à déclarer l'épave plus vite qu'un thermique équivalent.
Combien la marche fiscale coûte-t-elle selon votre contrat ?
C'est le point que quasiment personne ne détaille, et pourtant il change tout : la TSCA n'est pas un taux unique. Elle se décompose selon les garanties, et cette structure fait que la marche fiscale ne frappe pas tous les contrats avec la même violence.
| Composante du contrat | Taux de taxe | Base de calcul |
|---|---|---|
| Responsabilité civile (obligatoire) | 33 % | Cotisation RC |
| Autres garanties (vol, incendie, dommages, bris de glace, assistance) | 18 % | Cotisation de chaque garantie |
| Contributions fonds de garantie | 2 % | Cotisation RC (1,2 % + 0,8 %) |
Taux officiels applicables aux véhicules terrestres à moteur — source : BOFiP, BOI-TCAS-ASSUR-30-10-30 et France Assureurs, 2026.
Conséquence contre-intuitive : une électrique assurée au tiers subit une marche fiscale proportionnellement plus lourde qu'une électrique tous risques. Pourquoi ? Parce qu'un contrat au tiers est composé presque intégralement de responsabilité civile, taxée à 33 %, tandis qu'un contrat tous risques dilue cette RC dans un ensemble de garanties taxées à 18 %. Le passage de l'exonération au plein tarif coûte donc, en pourcentage, davantage au petit contrat qu'au gros.
Voici l'ordre de grandeur du surcoût lié à la seule fiscalité, hors toute augmentation commerciale :
| Profil | Cotisation hors taxes | Surcoût fiscal annuel | Prime TTC 2026 |
|---|---|---|---|
| Citadine électrique au tiers (Zoe, e-208) | ~380 € | +110 à 130 € | ~500 € |
| Berline électrique tous risques (Model 3) | ~700 € | +140 à 170 € | ~860 € |
| SUV électrique premium tous risques | ~880 € | +175 à 210 € | ~1 070 € |
Fourchettes indicatives 2026 à titre d'illustration : votre tarif réel dépend du modèle, du bonus-malus, de la commune et de l'assureur.
Retenez l'essentiel : ces montants sont identiques chez tous les assureurs. La TSCA est fixée par l'État, aucun comparateur ne la fera baisser. En revanche, elle s'applique sur la cotisation de base — donc faire baisser la cotisation fait mécaniquement baisser la taxe.
Votre électrique immatriculée en 2024 : pourquoi la facture grimpe à l'échéance 2026 ?
C'est l'angle mort de 2026, et il concerne des dizaines de milliers d'automobilistes. Si vous avez immatriculé une voiture électrique en 2024, vous bénéficiez encore d'une exonération de 75 % de la TSCA, valable 24 mois à compter de la prise d'effet de votre garantie. Traduction : votre exonération s'éteint courant 2026, à la date anniversaire de votre contrat — pas au 1er janvier.
Ce qui va se passer concrètement à votre échéance :
- Votre avis d'échéance affichera une hausse sans qu'aucune garantie n'ait changé, sans sinistre, sans malus.
- La hausse cumulera deux effets : le rattrapage fiscal (passage de 25 % à 100 % de la taxe due) et la revalorisation tarifaire annuelle de l'assureur, autour de +4 à 5 % sur l'auto en 2026.
- Elle sera plus brutale qu'une hausse ordinaire : ce n'est pas un glissement de quelques euros, c'est une marche de plusieurs dizaines d'euros d'un coup.
Le réflexe à avoir : ne pas confondre marche fiscale et abus de l'assureur. Si votre prime bondit à l'échéance 2026 sur une électrique de 2024, la majeure partie de la hausse est due à l'État, pas à votre compagnie — et changer d'assureur ne la supprimera pas. Mais c'est justement le meilleur moment pour comparer : puisque la taxe s'applique en pourcentage de la cotisation, seul un tarif de base plus bas peut amortir le choc.
Vérifiez le poste « taxes » sur votre avis d'échéance : il est obligatoirement détaillé. Si la ligne TSCA a été multipliée par quatre d'une année sur l'autre, vous savez désormais pourquoi.
Faut-il renoncer à l'électrique pour payer moins cher son assurance ?
Non — et c'est la conclusion la plus importante de cet article. L'écart d'assurance entre une électrique et une thermique (80 à 90 €/an) est quatre fois plus faible que l'écart entre deux assureurs pour la même électrique, qui atteint couramment 300 à 400 €/an à garanties équivalentes. Choisir sa motorisation en fonction de l'assurance, c'est optimiser la mauvaise variable.
Les leviers réellement efficaces, du plus rentable au plus fin :
- Comparer et changer d'assureur — le levier n°1. La loi Hamon autorise la résiliation à tout moment après un an, sans frais ni justificatif. C'est le seul levier qui agit à la fois sur la cotisation et sur la taxe qui en découle. Notre guide du comparateur d'assurance auto 2026 détaille la méthode.
- Passer au paiement à l'usage : les électriques servent majoritairement aux trajets courts du quotidien. Sous 8 000 km/an, une formule au kilomètre devient rentable — voir notre analyse de l'assurance auto au kilomètre en 2026.
- Vérifier la garantie batterie : si votre batterie est en location (LOA/LLD), elle appartient au constructeur et n'a pas à être assurée en valeur pleine. Beaucoup de contrats la facturent quand même. C'est une ligne à contester.
- Ajuster la franchise et retirer les options redondantes avec l'assistance constructeur, souvent incluse gratuitement les premières années sur les électriques.
- Regrouper ses contrats : réunir auto et habitation chez un même assureur déclenche des remises de 10 à 20 %. Attention toutefois, votre assurance habitation subit sa propre surtaxe en 2026 — comparez les deux postes au même moment.
- Déclarer votre borne de recharge : installée au domicile, elle relève de l'assurance habitation, pas de l'auto. Une borne non déclarée peut faire tomber l'indemnisation en cas d'incendie.
Et si vous passez vos contrats en revue, ne vous arrêtez pas à l'auto. 2026 est une année de hausse généralisée : l'habitation grimpe de 6 à 9 %, la complémentaire santé progresse également — un comparateur de mutuelle santé permet d'ajuster les garanties au plus juste. Seule exception à contre-courant : l'assurance de prêt immobilier, où la loi Lemoine permet de faire baisser la facture de plusieurs milliers d'euros, comme l'explique ce guide de la renégociation d'assurance de prêt.
La stratégie gagnante en 2026 tient en une phrase : acceptez la part fiscale, attaquez la part commerciale. La première est la même partout, la seconde peut varier du simple au double.
Questions fréquentes
L'assurance d'une voiture électrique est-elle plus chère qu'une thermique en 2026 ? Oui, d'environ 80 à 90 € par an : 784 à 818 € en moyenne pour une électrique contre 753 € pour une essence et 735 € pour un diesel. L'écart s'explique principalement par la fin de l'exonération de TSCA, pas par un risque technique supérieur.
Pourquoi l'assurance électrique a-t-elle augmenté depuis 2025 ? Parce que l'exonération de taxe sur les conventions d'assurance dont bénéficiaient les électriques s'est éteinte : totale pour les véhicules immatriculés de 2021 à 2023, réduite à 75 % pendant 24 mois pour ceux immatriculés en 2024, et supprimée pour toute immatriculation à partir du 1er janvier 2025.
Quel est le taux de TSCA sur une assurance auto ? Il est de 33 % sur la garantie responsabilité civile et de 18 % sur les autres garanties (vol, incendie, dommages, bris de glace, assistance), auxquels s'ajoutent 2 % de contributions aux fonds de garantie calculées sur la RC.
Changer d'assureur permet-il d'échapper à la taxe sur une voiture électrique ? Non. La TSCA est fixée par l'État et s'applique à l'identique chez tous les assureurs. En revanche, elle se calcule en pourcentage de la cotisation : un contrat de base moins cher génère mécaniquement moins de taxe.
Faut-il assurer la batterie d'une voiture électrique ? Cela dépend du mode de détention. Si la batterie est achetée avec le véhicule, elle est couverte par les garanties dommages. Si elle est en location (LOA/LLD), elle reste la propriété du constructeur : vérifiez que votre contrat ne la facture pas en double.