L'assurance trottinette électrique est-elle obligatoire en 2026 ?
Oui. Depuis le décret n° 2019-1082 du 23 octobre 2019, la trottinette électrique est un « engin de déplacement personnel motorisé » (EDPM) au sens du Code de la route, donc un véhicule terrestre à moteur. L'article L211-1 du Code des assurances impose à tout véhicule terrestre à moteur une assurance de responsabilité civile, qui paie les dommages que vous causez à autrui. Service-Public le rappelle sans ambiguïté dans sa fiche consacrée aux trottinettes électriques (vérifiée le 11 août 2026) : l'assurance responsabilité civile est obligatoire.
En résumé
- L'assurance RC est obligatoire pour toute trottinette électrique personnelle, quel que soit son prix.
- Rouler sans assurance : 500 € d'amende forfaitaire, majorée de 50 % pour le FGAO, soit 750 € à payer, et jusqu'à 3 750 € devant le tribunal (article L324-2 du Code de la route).
- L'assurance habitation ne couvre presque jamais une trottinette électrique : il faut un contrat dédié ou une extension écrite.
- En 2025, 8,3 % des accidents gérés par le Fonds de garantie impliquaient une trottinette électrique non assurée (FGAO).
- Une RC seule se trouve pour quelques euros par mois : moins cher que la moitié d'une seule amende sur dix ans.
Les règles de circulation complètent cette obligation, et elles comptent pour votre assureur : âge minimum de 14 ans (relevé de 12 à 14 ans par le décret n° 2023-848 du 1er septembre 2023), vitesse maximale par construction de 25 km/h, pistes cyclables en priorité en agglomération, trottoirs interdits sauf autorisation du maire. Un engin qui ne respecte plus ces caractéristiques, débridé par exemple, n'est plus l'engin que vous avez déclaré.
Le risque n'a rien de théorique. Selon les chiffres définitifs de l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), 45 utilisateurs d'EDPM ont été tués et 830 blessés gravement en 2024 en France métropolitaine, un nombre de blessés graves en hausse de 24 % sur un an. Derrière chaque accident causé à un piéton ou un cycliste, il y a une indemnisation à payer : c'est elle que l'assurance prend en charge.
Votre assurance habitation couvre-t-elle votre trottinette ?
C'est le malentendu le plus fréquent, et le plus coûteux. Votre multirisque habitation contient une garantie responsabilité civile vie privée, qui couvre les dommages causés par vous et vos enfants dans la vie courante. Elle suffit, par exemple, pour l'assurance scolaire côté responsabilité civile, comme nous l'expliquions dans notre article sur ce que votre assurance habitation couvre déjà pour l'école.
Mais pour la trottinette électrique, la logique s'inverse. Les contrats habitation excluent, de façon quasi systématique, les dommages causés par un véhicule terrestre à moteur soumis à l'obligation d'assurance. La raison est juridique : puisque la loi impose une assurance spécifique pour ces véhicules, l'assureur habitation ne les intègre pas dans sa RC vie privée. La trottinette électrique tombe dans cette exclusion, alors que le vélo classique et le vélo à assistance électrique limité à 25 km/h, qui sont des cycles, restent couverts.
| Engin | Catégorie légale | RC de l'assurance habitation | Assurance dédiée obligatoire |
|---|---|---|---|
| Vélo, trottinette sans moteur | Cycle ou piéton | Oui, en général | Non |
| Vélo à assistance électrique (25 km/h, 250 W) | Cycle | Oui, en général | Non |
| Trottinette électrique, gyroroue, hoverboard, gyropode | EDPM, véhicule à moteur | Non, exclusion quasi systématique | Oui |
| Speedbike (vélo électrique jusqu'à 45 km/h) | Cyclomoteur | Non | Oui, avec immatriculation |
Le test en 30 secondes
Ouvrez vos conditions générales habitation à la rubrique « exclusions » de la responsabilité civile. Si vous y lisez une formule du type « dommages causés par un véhicule terrestre à moteur » ou « engins de déplacement motorisés », vous n'êtes pas couvert. Certains assureurs proposent une extension EDPM à ajouter au contrat habitation : elle n'existe que si elle figure noir sur blanc dans vos conditions particulières. Un échange oral avec un conseiller ne vaut rien en cas de sinistre.
À l'inverse, vérifiez que vous ne payez pas deux fois : si vous souscrivez une assurance trottinette alors que votre contrat habitation contient déjà l'extension, vous êtes en doublon. Notre partenaire JeRenegocie explique comment repérer et résilier les assurances en double.
Que risquez-vous si vous roulez sans assurance ?
Deux risques, d'ampleur très différente : l'amende, qui est connue d'avance, et l'accident, qui n'a pas de plafond.
L'amende : 750 € dès le premier contrôle
L'article L324-2 du Code de la route punit le défaut d'assurance d'une amende pouvant aller jusqu'à 3 750 €. Pour une première infraction, les forces de l'ordre peuvent dresser une amende forfaitaire délictuelle de 500 € (400 € si elle est payée rapidement, 1 000 € si elle est majorée). Ce montant est augmenté de 50 % au profit du Fonds de garantie des assurances obligatoires (FGAO) : vous payez donc 750 € au tarif normal. En cas de récidive, la procédure forfaitaire n'est plus possible et l'affaire est jugée par le tribunal.
Particularité de la trottinette : elle n'a pas de plaque et ne figure pas dans le fichier des véhicules assurés, qui permet de contrôler les voitures à distance. Le contrôle se fait donc au bord de la route. Pas d'attestation sur vous, c'est un défaut d'assurance à justifier.
L'accident : le FGAO paie la victime, puis se retourne contre vous
C'est le vrai danger. Si vous blessez un piéton sans être assuré, la victime est indemnisée par le FGAO. Le Fonds le précise sur son site : il indemnise l'intégralité des préjudices, puis récupère les sommes versées auprès du conducteur responsable. En 2025, le FGAO a accompagné près de 7 500 personnes blessées et les proches de 177 personnes décédées, pour 132 millions d'euros versés, et 15 400 conducteurs étaient débiteurs d'une dette envers lui.
Pour la trottinette, le chiffre est parlant : selon le FGAO, 8,3 % des accidents qu'il traite impliquent un conducteur de trottinette électrique non assuré. Or un accident corporel grave se chiffre facilement en dizaines, voire en centaines de milliers d'euros (soins, perte de revenus, aide humaine). Le piéton renversé est en effet protégé par la loi Badinter du 5 juillet 1985 sur les accidents de la circulation, qui lui garantit une indemnisation quasi intégrale : sans assurance, c'est vous qui la rembourserez.
| Situation | Ce que vous payez |
|---|---|
| Contrôle sans assurance, 1re fois | 750 € (500 € + 50 % FGAO), 600 € si paiement minoré |
| Récidive ou passage au tribunal | Jusqu'à 3 750 € d'amende, peines complémentaires possibles |
| Accident matériel causé à un tiers | La réparation, à vos frais |
| Accident corporel causé à un tiers | Le remboursement au FGAO de toute l'indemnisation, sans plafond |
Les autres infractions s'ajoutent : Service-Public chiffre à 135 € la circulation hors des zones autorisées (trottoir non autorisé, route interdite) et le transport d'un passager.
Combien coûte une assurance trottinette électrique ?
Il n'existe pas de tarif officiel : chaque assureur fixe le sien selon votre âge, votre lieu de résidence et la valeur de l'engin. Les fourchettes publiées dans la presse spécialisée en 2026 situent la responsabilité civile seule entre 3 et 10 € par mois, la formule avec vol entre 5 et 15 €, et la formule avec casse entre 8 et 20 €. Ce sont des ordres de grandeur relevés sur des offres publiques, pas des moyennes de marché : seul un devis sur votre profil fait foi.
Plutôt qu'un prix moyen, voici le calcul qui compte. Nous avons rapporté le coût annuel de chaque formule au risque qu'elle couvre (hypothèses illustratives, à partir des fourchettes ci-dessus et du montant de l'amende) :
| Formule | Coût annuel indicatif | Ce qu'elle évite | Équivalent |
|---|---|---|---|
| RC seule à 5 €/mois | 60 € | Amende de 750 € et recours du FGAO sans plafond | 1 amende = 12,5 ans de RC |
| RC + vol à 10 €/mois | 120 € | Le rachat d'une trottinette volée | Rentable si l'engin vaut plus de 500 € environ |
| RC + vol + casse à 15 €/mois | 180 € | Réparation après chute ou accident responsable | Utile surtout pour un modèle neuf haut de gamme |
Ce qui fait varier le prix
- L'âge du conducteur : les 14-24 ans paient en général plus cher, comme en auto.
- La valeur de la trottinette, pour les garanties vol et casse : un modèle à 300 € ne justifie pas la même couverture qu'un modèle à 1 500 €.
- La franchise : une franchise vol de 150 € sur un engin de 400 € réduit fortement l'intérêt de la garantie.
- Les conditions de garage : beaucoup de contrats n'indemnisent le vol qu'avec effraction d'un local fermé ou avec un antivol agréé.
Pour une trottinette d'entrée de gamme, la RC seule est le bon calcul. Les garanties vol et casse ne se justifient qu'au-delà d'une valeur d'environ 500 €, et seulement si leurs conditions (antivol, local fermé) correspondent à votre façon de garer l'engin.
Quelles garanties choisir selon votre usage ?
La responsabilité civile ne couvre que les dommages causés aux autres. Elle ne paie ni votre trottinette, ni vos propres blessures. Trois garanties optionnelles complètent le contrat :
- Vol et incendie : rembourse l'engin, souvent selon un barème de vétusté qui réduit l'indemnisation chaque année. Vérifiez le taux de vétusté et les conditions d'antivol.
- Dommages ou casse : couvre la réparation après une chute ou un accident dont vous êtes responsable.
- Garantie du conducteur ou individuelle accident : indemnise vos propres blessures. Elle est importante, car les chiffres de l'ONISR montrent que les blessés graves en trottinette ont augmenté de 24 % en 2024.
Et la garantie accidents de la vie ?
Si vous avez une garantie accidents de la vie (GAV), ne supposez pas qu'elle vous couvre en trottinette. De nombreux contrats excluent les accidents de la circulation survenus alors que l'assuré conduit un véhicule terrestre à moteur, et la trottinette électrique en est un. Relisez la clause d'exclusion avant d'acheter une garantie du conducteur, ou l'inverse. Notre article sur le seuil d'invalidité des GAV détaille aussi le second piège de ces contrats : le taux d'incapacité minimum pour être indemnisé.
| Profil | Formule conseillée |
|---|---|
| Trottinette d'entrée de gamme, garée à la maison | RC seule |
| Trajets quotidiens domicile-travail, modèle de plus de 500 € | RC + vol + garantie du conducteur |
| Adolescent de 14 à 17 ans | RC au nom du parent ou de l'ado, selon le contrat, + garantie du conducteur |
| Usage occasionnel en libre-service | Pas de contrat personnel, mais lisez les conditions de l'opérateur |
Pour un jeune qui part étudier avec sa trottinette, pensez à l'ajouter à la liste des contrats à revoir : notre article sur les assurances à basculer quand un enfant quitte le domicile en fait le tour.
Trottinette en libre-service, vélo électrique, gyroroue : qui doit s'assurer ?
L'obligation suit la catégorie de l'engin, pas son prix ni sa marque.
- Trottinette en libre-service : c'est l'opérateur qui assure l'engin en responsabilité civile. Service-Public recommande de vérifier les conditions du contrat de location, car la couverture du conducteur lui-même, ses propres blessures notamment, varie d'un opérateur à l'autre et peut comporter des franchises.
- Trottinette personnelle prêtée à un ami : vérifiez que votre contrat couvre tout conducteur autorisé, et pas seulement l'assuré désigné.
- Gyroroue, hoverboard, gyropode, skateboard électrique : ce sont aussi des EDPM, soumis à la même obligation d'assurance RC.
- Vélo à assistance électrique limité à 25 km/h et 250 W : c'est un cycle, pas un véhicule à moteur. Pas d'assurance obligatoire, et votre RC habitation le couvre en général.
- Speedbike jusqu'à 45 km/h : c'est un cyclomoteur, avec immatriculation et assurance obligatoires, comme un scooter.
- Trottinette débridée au-delà de 25 km/h : elle ne correspond plus à l'engin déclaré. L'assureur peut alors invoquer une fausse déclaration ou une aggravation du risque non déclarée (articles L113-8 et L113-9 du Code des assurances) et réduire, voire refuser, sa prise en charge.
Comment s'assurer en 4 étapes, et quoi garder sur soi ?
1. Vérifiez votre contrat habitation : cherchez une extension EDPM écrite. Si elle existe, inutile de souscrire un second contrat.
2. Choisissez la formule selon la valeur de l'engin : RC seule pour un modèle d'entrée de gamme, vol et casse au-delà d'environ 500 €, garantie du conducteur pour un usage quotidien.
3. Comparez au moins trois devis à garanties égales : même franchise, même barème de vétusté, mêmes conditions d'antivol. Comme toute assurance, le contrat se résilie ensuite à tout moment après un an, grâce à la loi Hamon.
4. Gardez l'attestation sur vous : version papier ou numérique sur votre téléphone. Faute de plaque et de fichier national, c'est la seule preuve que vous pouvez présenter lors d'un contrôle.
Si vous regroupez cette assurance chez votre assureur habitation, comparez quand même le prix total : notre partenaire OffreSimple a chiffré ce que vaut réellement une remise multi-contrats. Et pour situer ce contrat dans l'ensemble de vos dépenses, notre article sur le budget assurances d'un foyer poste par poste donne les ordres de grandeur.
Une RC trottinette coûte moins par an qu'un plein d'essence, et elle vous évite de rembourser seul un accident corporel. Commencez par vérifier ce que couvre déjà votre assurance habitation, puis complétez si besoin avec une garantie accidents de la vie qui couvre bien vos propres blessures. Comparer mon assurance →